[00:00.000] 作曲 : Marty Bogo/Tony Seng[00:15.207]Paul est toujours assis seul dans le fond du bus[00:18.425]Ses yeux, son cœur jouent à qui peut fuir le plus[00:21.990]De bonnes notes mais zéro potes, sa présence elle-même lui suffit[00:25.847]Il fait en sorte que les gens portent leurs regards ailleurs que sur lui[00:29.613]Chaque matin le même manège, il subit les moqueries des autres[00:33.116]Croche-patte avant d'regagner son siège, et puis sur le ventre se vautre[00:36.972]Les rires pèsent et les insultes volent une partie du trajet[00:40.473]Mais Paul encaisse, c'est comme ça depuis l'école et rien n'a changé[00:44.254]Paul veut manger le monde mais le monde le mange en premier[00:47.816]Il kiffe observer les mouches et les araignées dans l'grenier[00:51.317]Sa mère s'inquiète et l'envoie chez la psy toutes les semaines[00:54.881]Mais Paul se tait et s'taira encore la séance prochaine[00:59.005]Lise est toujours la nouvelle dans la salle de classe[01:02.239]Elle suit son père qui déménage souvent à cause du taf'[01:06.082]Un peu due-per, elle fume des joints solo sur le toit[01:09.860]Le matin d'hier, elle a prit c'bus pour la première fois[01:13.615]Paul a mit ses yeux dans les siens quand elle est v'nue à côté de lui[01:17.127]Elle était comme le blanc d'son noir pour dessiner son côté gris[01:20.879]Lise a senti la même folie qu'elle dans les yeux de Paul[01:24.364]S'imaginant fuir avec lui et sécher les heures de colle[01:27.928]Le temps passe et eux le passe ensemble, dans un skatepark vide ou dans la nature[01:32.271]Le soir Lise attends qu'son père s'endorme, mais part en cachette avec sa voiture[01:35.770]Elle a récupéré Paul, ils s'en vont faire des dérapages et cramer des trucs[01:39.691]Bidon d'essence dans le coffre, briquet dans la poche, l'envie d'tout cramer les éduque[01:43.192]Une benne, un porche, une maison, et un jour peut-être une ville[01:46.973]Se perdre à en perdre la raison, c'est leur raison d'être en vie[01:50.473]Pour l'heure, la caisse du daron de Lise est la première victime[01:54.050]Duster en flamme au fin fond d'une forêt pour scène de crime[01:57.881]Lise a fugué d'chez elle, Paul veut l'héberger chez lui, sa mère n'a pas le choix[02:01.460]Les deux partagent la même chambre, les mêmes habitudes, les p'tits déj', les repas le soir[02:05.097]La nuit les bras dans les bras, les mains dans les mains, se connaissent sur le bout des doigts[02:08.644]Les cœurs en feu sous les draps, quand Lise est montée sur Paul pour la première fois[02:13.034]Plus de voiture mais toujours un bidon d'essence[02:15.472]Amour pyromane, ils font le tour des parkings et brûlent des caisses dans tous les sens[02:19.029]Deux dans la même soirée, puis trois, puis quatre, puis cinq[02:21.643]Arrivent à tout cramer sans se faire cramer, priant pour que l'incendie ne s'arrête jamais[02:26.471]Mais le matin dans le bus, retour aux croche-pattes et aux noms d'oiseaux qui fusent[02:30.156]Lise prend la défense de Paul, les suppliant d'arrêter mais ces morveux refusent[02:33.421]Pour la remercier du geste et la gratifier d'un cadeau de découverte[02:37.286]Lise reçoit dans la tête une cannette ouverte et finit tempe ouverte[02:41.063]Du sang partout sur les habits, Lise et Paul sortent du bus direction les urgences[02:44.638]Pour la première fois de sa vie, Paul ressent en lui la haine et la soif de vengeance[02:48.141]Quand Lise le rejoint dehors, il lui dit qu'c'est décidé, qu'il a finit son plan[02:51.906]Demain matin dès l'aurore, il ira cramer le bus avec les gens dedans[02:56.998]Mais Lise ne peut plus le suivre, lorsque elle essaye de lui dire que tout va trop loin, qu'la haine est trop vive[03:02.626]Paul n'en fait qu'à sa tête et bouche ses oreilles comme un ado ivre[03:06.139]Celui qui courbait l'échine, veut maintenant prendre des directives[03:11.529]Mais Lise ne peut plus le suivre, elle dit que brûler la terre la rend moins jolie et plus maladive[03:17.157]Elle dit qu'elle veut voir son père, que c'est souvent lui quand son tel' vibre[03:20.981]Qu'il doit bouger pour le taf', que c'est peut-être ailleurs qu'elle ira vivre[03:25.015]À ces mots les yeux de Paul ont prit le rôle de la pluie pour mouiller son visage[03:28.780]C'était comme briser le sol, c'était comme partir en chutant du dernier étage[03:32.282]En le prenant dans ses bras, Lise a fait promettre à Paul de tout laisser tomber[03:35.797]Mais du soir au petit matin, l'envie de tout brûler ne s'est jamais estompée[03:39.591]Arrivé devant le bus, il a versé du liquide des roues jusqu'aux rétros[03:43.093]Zippo dans la main qui pulsent, espérant voir la panique à travers les vitraux[03:46.764]Mais il ne savait pas que, le matin sans un bruit Lise était venue très tôt[03:50.546]Et pour un dernier adieu, a remplacé l'bidon d'essence par un bidon d'eau